Suivre la consommation de sa maison, poste par poste
Une étude : ce que consomme chaque circuit, mesuré de l’extérieur.
Savoir ce que consomme chaque circuit d’une maison, poste par poste, sans ouvrir le tableau électrique ni rien démonter : on ouvre la porte, on colle une petite bobine sur la face de chaque disjoncteur, là où le champ magnétique du courant se concentre, et un Raspberry Pi retrouve le courant et la puissance de chaque circuit, démêle ce que chaque bobine capte de ses voisines, et affine ses réglages tout seul à chaque appareil qui s’allume ou s’éteint.
C’est une étude, du principe au câblage, en 25 planches dessinées dans l’ordre du chantier : comprendre, cartographier un disjoncteur avant de rien fabriquer, fabriquer l’électronique, installer les réglettes, étalonner, puis laisser l’apprentissage travailler. Une seconde version : la première posait les bobines sur la porte du tableau, trop loin du courant.
Rien n’est encore construit, et beaucoup de valeurs restent des estimations du modèle, à vérifier par la mesure sur un vrai tableau.
Le résultat





Ce qui a été fait
01
Le modèle du champ
Le champ magnétique autour de chaque disjoncteur, calculé pour des conducteurs de longueur finie, à chaque position possible de la bobine, et ce que chaque voisin y ajoute : de quoi choisir où coller.
Loi de Biot et Savart
02
La chaîne de mesure
La bobine plate retenue, un filtre par voie, quatre convertisseurs de huit voies au gain choisi voie par voie, la voie de tension isolée, et le microcontrôleur qui les cadence et les lit.
Bobines CMS · 4 × ADS131M08 · Raspberry Pi Pico 2
03
Les réglettes
Une bande de polycarbonate par rangée, avec une fenêtre par bobine au pas des disjoncteurs, des paires torsadées couchées sur la bande, une nappe plate assez fine pour passer porte fermée, et un ruban qui tient la chaleur.
Kapton
04
Le logiciel
Le démêlage des signaux échantillon par échantillon, les phaseurs calculés chaque seconde, la détection d’un saut entre deux plateaux, le test de phase, l’attribution au bon circuit, la mise à jour par médiane et sa confiance ; les puissances par circuit gardées.
Raspberry Pi · SQLite
05
Le dossier
Vingt-cinq planches dessinées, dans l’ordre du chantier, avec la liste d’achat, les règles de sécurité et la liste de ce qui reste à mesurer sur un vrai tableau.
SVG
Fonctionnement détaillé
Faites défiler : le dessin suit.
01 / 07
Une bobine sur chaque disjoncteur, porte ouverte
Pour savoir ce que consomme chaque circuit d’une maison, on pose d’ordinaire un capteur sur chaque câble, plastron retiré. Ici, les capteurs se collent sur la face des disjoncteurs, là où leur manette dépasse : on ouvre la porte du tableau, et rien de plus. Une bobine plate de cinq millimètres par disjoncteur, 27, et une par interrupteur différentiel, 3.
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Le courant crée un champ, le champ fait naître une tension
Un courant qui traverse un fil crée autour de lui un champ magnétique, proportionnel à ce courant. Une bobine placée dans ce champ voit naître à ses bornes une tension : c’est l’induction magnétique. Collée juste au-dessus de la bobine de déclenchement du disjoncteur, quelques spires que traverse tout le courant du circuit, elle capte un champ cent fois plus fort que depuis la porte, d’après le modèle.
03 / 07
Trouver le bon point sur chaque disjoncteur
Chaque marque place sa bobine de déclenchement ailleurs. Avant de fabriquer, une heure par modèle : une bobine tenue au ruban, une charge connue, un multimètre pour trouver le point où le signal est le plus fort, puis une carte son pour mesurer ce que la bobine capte des circuits voisins. Ce relevé fixe la position, l’orientation et le gain de chaque bobine.
04 / 07
Trente signaux, lus ensemble
Les bobines sont logées dans une réglette par rangée, tenue au ruban Kapton entre les appareils, jamais sur une manette. Leurs fils partent en nappe vers un boîtier mural : un filtre par voie, quatre convertisseurs de huit voies qui numérisent tout en même temps, et un Raspberry Pi Pico 2 qui cadence le tout. Un petit transformateur, tenu à trente centimètres, donne la tension du réseau.
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Du signal de la bobine au courant, puis à la puissance
La bobine ne mesure pas le champ mais sa variation : son signal est la dérivée du courant. Un Raspberry Pi l’intègre pour retrouver la forme exacte du courant, harmoniques comprises, le multiplie par la tension, et la moyenne sur une période donne la puissance réellement consommée, déphasage compris. Circuit par circuit, au fil du temps.
06 / 07
Chaque bobine entend aussi ses voisines
Le champ d’un disjoncteur déborde sur les bobines d’à côté, quelques pour cent. Le Pi démêle les 27 signaux à chaque échantillon avec une matrice qui dit combien chaque circuit pèse sur chaque bobine. Les trois bobines des différentiels servent de contrôle : la somme des circuits d’une rangée doit égaler le courant de son différentiel.
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Le tableau s’étalonne tout seul
Au départ, une charge connue par circuit fixe l’échelle de chacun. Ensuite, chaque appareil qui démarre ou s’arrête est une petite expérience : un seul circuit saute, les autres restent fixes. Le Pi repère ce saut, vérifie qu’il est propre, l’attribue au bon circuit et affine sa colonne de la matrice, par la médiane des trente derniers sauts. Rien n’est encore construit : c’est une étude de 25 planches, dont les valeurs restent à mesurer sur un vrai tableau.
Fiche technique
- Technique
- bobines CMS · 4 × ADS131M08 · Raspberry Pi Pico 2 · Raspberry Pi · SQLite
- Échelle
- 30 circuits · 25 planches
- Statut
- étude