Remonter des nodules du fond de l’océan, avec de l’air

Un modèle, deux prototypes et des essais.

  • Mécanique des fluides

Date : 2019–2020, complété en 2026

Des nodules riches en métaux reposent entre 4 000 et 5 000 m de fond, et l’Ifremer étudie une façon de les remonter : le pompage par air-lift, où de l’air soufflé au bas d’un tube fait monter l’eau et ce qu’elle porte. Avec quels réglages ce pompage est-il le plus efficace ? C’était notre sujet de TIPE, le travail de recherche personnel des classes préparatoires, sur le thème « Océan », mené avec Adrien Girardot au lycée Saint-Louis en 2019 et 2020 : un modèle, deux prototypes construits, des mesures sur le premier, et un mémoire publié parce que les oraux de 2020 ont été annulés.

J’ai toujours voulu le poursuivre. En 2026, j’ai repris le modèle, corrigé les erreurs de 2020, qui faussaient ses conclusions, et terminé le mémoire : 47 pages qui disent ce qui date de quand, sans ajouter de mesure, et qui donnent pour les essais jamais menés, avec des billes, les prédictions du modèle et un protocole. Pour me remettre à niveau en physique et aller plus loin : un pas vers la science. Le mémoire se lit depuis cette page.

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Le résultat

Dessin en perspective du second prototype : un tube réservoir et un tube transparent reliés en haut et en bas, un débitmètre et une chambre d’injection d’air au bas du tube transparent, un grillage en haut, une carte Arduino. Des bulles montent dans le tube transparent. Selon l’étape, le dessin montre aussi le tuyau à l’échelle de l’océan, l’allure du rendement prévu par le modèle, le banc éclaté avec le nom de chaque pièce, les points mesurés face à la courbe du modèle, ou des billes qui montent avec les bulles.
Coupe cotée du premier prototype dans son bac : le tube de 30 mm, l’injection d’air en bas, le débitmètre au-dessus de l’eau, le coude de sortie. Au-dessus de l’injection, le tube est rempli de bulles ; les longueurs L1, L2, L3 sont cotées, et les valeurs calculées sont écrites en haut. À droite, la pression selon la hauteur, dans le tube et hors du tube.
Le premier prototype en coupe, à l’état calculé pour 0,55 L/s d’air : la moitié du tube est de l’air, et le mélange, plus léger, laisse la pression extérieure pousser l’eau dedans (diamètre exagéré). Modèle du rapport, 2026
Graphique du débit d’eau selon le débit d’air : cinq courbes noires pour des rapports d’immersion de 0,4 à 0,8, qui montent puis s’aplatissent, et une courbe orange pour le premier prototype avec, juste au-dessus, les mesures de 2020 et leurs barres d’erreur.
Le débit d’eau selon le débit d’air, pour cinq rapports d’immersion ; en orange, le premier prototype et ses mesures de 2020. Modèle et mesures du rapport, 2026
Carte du rendement en teintes d’orange, selon le débit d’air (en abscisse, échelle logarithmique) et le rapport d’immersion (en ordonnée), avec des courbes de niveau de 10 à 45 % ; une étoile marque le maximum.
Le rendement de la pompe : il culmine vers 47 % pour un rapport d’immersion de 0,8 ; les tirets suivent le meilleur débit d’air. Modèle du rapport, 2026
Aires empilées selon le débit d’air : la part de la charge motrice prise par le poids du mélange, le glissement des bulles (en orange), le débitmètre, et le frottement ; un trait pointillé marque le point mesuré.
Où passe la charge motrice : le glissement des bulles en prend environ 30 % au point mesuré, le frottement moins de 3 %. Modèle du rapport, 2026
À gauche, la conduite de 4 500 m en coupe, sous un navire : l’air entre à 2 000 m, les bulles grossissent en montant, les nodules montent du fond. À droite, la section de la conduite à six profondeurs, la part d’air en orange : aucune au fond, 11 % au-dessus de l’injection, 21 % à 1 000 m, 36 % à 500 m, 55 % à 200 m et 80 % à la sortie.
Le scénario en mer : l’air injecté à 2 000 m se détend en montant ; il n’occupe que 11 % de la conduite à l’injection, 80 % à la sortie, où il file à 94 m/s. Modèle du rapport, 2026

Ce qui a été fait

  1. 01

    Le modèle

    Un bilan des forces le long du tube, intégré pas à pas avec l’air qui se dilate, le glissement des bulles et le frottement, résolu par dichotomie : pour chaque réglage, le débit d’eau, le rendement et la part de chaque perte.

    Python · NumPy · SciPy

  2. 02

    Les deux prototypes

    Le premier, un tube de 30 mm dans une cuve, avec une chambre d’injection percée ; le second, une boucle avec un réservoir de 95 mm, un tube transparent, le débitmètre sous l’injection et un grillage pour les billes.

    PVC · Plexiglas

  3. 03

    L’instrumentation

    Un débitmètre à effet Hall lu par un Arduino et enregistré en Python, moyenné sur quinze secondes ; le débit d’air déduit de la pression du compresseur, étalonnée à l’anémomètre ; et, pendant le confinement, la lecture du manomètre d’une pompe à vélo par webcam.

    Arduino Uno · Python · OpenCV

  4. 04

    Les essais

    Deux séries sur le premier prototype : le débit d’eau selon le débit d’air, puis selon l’immersion, comparées au modèle ; les essais avec les billes, non réalisés, remplacés par un protocole.

  5. 05

    Les solides

    Le critère pour qu’une particule monte, les billes de 5 mm, la pulpe face aux fragments, et un scénario à 4 500 m en ordres de grandeur.

    Python

  6. 06

    Le mémoire

    Quarante-sept pages, écrites en 2020 puis complétées en 2026, qui disent ce qui date de quand et corrigent les erreurs de 2020 ; toutes les figures et les valeurs régénérées par un programme.

    LaTeX · Matplotlib

Dessin en perspective du second prototype : un tube réservoir et un tube transparent reliés en haut et en bas, un débitmètre et une chambre d’injection d’air au bas du tube transparent, un grillage en haut, une carte Arduino. Des bulles montent dans le tube transparent. Selon l’étape, le dessin montre aussi le tuyau à l’échelle de l’océan, l’allure du rendement prévu par le modèle, le banc éclaté avec le nom de chaque pièce, les points mesurés face à la courbe du modèle, ou des billes qui montent avec les bulles.

Fonctionnement détaillé

  1. Faites défiler : le dessin suit.

  2. 01 / 06

    Remonter des nodules de 4 000 m de fond

    Des nodules riches en métaux reposent entre 4 000 et 5 000 m de fond, et l’Ifremer étudie une façon de les remonter : le pompage par air-lift, essayé en mer dès les années 1970. Avec quels réglages ce pompage est-il le plus efficace ? Les réglages : le débit d’air, seul levier, la part du tube sous l’eau, le point d’injection, la taille des particules. Le critère : la puissance utile pour élever l’eau, rapportée à celle qu’il faut pour comprimer l’air.

  3. 02 / 06

    Souffler de l’air au bas d’un tube

    On injecte de l’air en bulles au bas d’un tube plongé dans l’eau. Le mélange d’eau et de bulles, plus léger que l’eau qui l’entoure, est poussé vers le haut et entraîne ce qu’il porte : aucune pièce mobile dans le tube, rien qui s’use. Le défaut connu de la méthode : son rendement, assez faible.

  4. 03 / 06

    Un modèle qui prédit le débit et le rendement

    Un bilan des forces le long du tube, qui tient compte de l’air qui se dilate en montant, des bulles qui glissent dans l’eau au lieu de la porter et du frottement, prédit pour chaque réglage le débit d’eau et le rendement. Sous un débit d’air minimum, rien ne monte. Le glissement des bulles est la première perte, environ 30 % de la poussée, le frottement moins de 3 % ; le meilleur rendement, environ 47 %, vient avec un tube immergé aux quatre cinquièmes, et le plus grand débit n’est pas le meilleur rendement.

  5. 04 / 06

    Deux prototypes sur la paillasse

    Deux prototypes. Le premier, un tube de 30 mm dans une cuve, avec un débitmètre lu par un Arduino et ses mesures enregistrées en Python ; le débit d’air se déduit de la pression du compresseur, étalonnée à l’anémomètre. Le second, après un rendez-vous avec un professeur des Arts et Métiers : un tube transparent pour filmer l’écoulement, le débitmètre placé sous l’injection, dans l’eau seule, des trous d’injection plus fins, et un grillage en haut pour charger les billes. Pendant le confinement, sans compresseur, un programme lisait la pression sur le manomètre d’une pompe à vélo, par webcam.

  6. 05 / 06

    Les débits mesurés, face au modèle

    Deux essais sur le premier prototype : le débit d’eau selon le débit d’air, puis selon l’immersion. Les débits mesurés ont l’ordre de grandeur prévu, un peu au-dessus du modèle, mais le débitmètre baignait dans le mélange d’eau et de bulles et ne peut pas le valider. On a vu les gerbes périodiques d’un écoulement à poches. Le second prototype n’a pas été mesuré.

  7. 06 / 06

    Faire monter des billes, et ce qui reste à faire

    Une particule ne monte que si l’eau va plus vite qu’elle ne retombe : des billes de 5 mm demandent, selon le modèle, au moins 0,23 L/s d’air dans le second prototype, et une pulpe de grains fins se remonte plus facilement que des fragments. Les essais avec les billes n’ont pas eu lieu en 2020 : le mémoire, complété en 2026, en donne les prédictions, un protocole pour les mener, et un scénario à l’échelle d’un tuyau de 4 500 m, en ordres de grandeur.

Fiche technique

Date
2019–2020, complété en 2026
Contexte
Un travail scientifique personnel, commencé en prépa au lycée Saint-Louis pour le TIPE, que je voulais poursuivre et finir.
Avec
Adrien Girardot
Technique
Python (NumPy, SciPy, Matplotlib, OpenCV) · Arduino Uno · débitmètre FS300A · LaTeX